Je ferai de toi un homme heureux, d’Anne B. Ragde

je ferai de toi un homme heureux
Je ferai de toi un homme heureux, de Anne B. Ragde

Aujourd’hui je vous partage un roman passionnant, qui m’a été offert par mon adorable colocataire et que j’ai dévoré avec beaucoup de plaisir : Je ferai de toi un homme heureux, de A. Radge.

Nous sommes dans les années 60, à Trondheim en Norvège. C’est un immeuble comme beaucoup d’autres : trois escaliers, chacun comprenant trois étages, avec deux appartements à chaque pallier. Le long de l’escalier A, on se dévisage, on juge les petites manies des autres sans oser s’approcher. L’autrice nous transporte dans ces six appartements pour nous dresser le portrait de femmes et de familles toutes singulières et attachantes à leur manière.

Au rez de chaussée, il y a Mme Asen et son mari qui tresse des tapis, sans enfants, son obsession pour le ménage et sa jolie fontaine d’intérieur. Au premier, Mme Rudolf, son mari allemand et leur adolescent qui écoute un groupe anglais au nom étrange de « Scarabées ». En face, Mme Larsen, anglaise, a dressé son salon de coiffure chez elle, son mari traducteur toujours dans ses pattes, et leurs deux enfants.

Au dessus, une femme triste et silencieuse ouvre la porte en intimant au silence : M Berg fait sa sieste et veut le calme, aux dépens de sa femme et de leurs deux garçons de 5 et 8 ans. En face, Mme Salvesen est toujours follement amoureuse de son mari, et Irène, leur fille, se plaît à regarder son père lorsqu’il dresse les bateaux en bouteille. A l’étage, M Karlsen est veuf, professeur de mathématiques, et enferme souvent sa fille à l’extérieur. En face, Peggy-Anita Foss, jeune et magnifique, souvent seule chez elle quand son mari, vendeur de soupes en sachet, est en tournée.

Lorsqu’on retourne au rez-de-chaussée, c’est pour découvrir Mme Moe, épuisée, son mari qui travaille, lui, et son bébé qui ne pleure pas.

Le tableau est attachant, fort, parfois très dur. Chaque chapitre se lit comme une nouvelle à part entière, nous fait entrer au cœur de ces appartements. L’autrice parvient avec brio à nous décrire ces personnages en quelques lignes. Ces femmes se jugent sans même entrer dans les autres intérieurs. C’était même assez triste de découvrir comme chacune de ces femmes aurait aimé plus ouvrir la porte si elles n’avaient pas si peur d’être jugées.

Le style est très poétique, réaliste et plein de ces petits détails qui m’ont permise de m’imaginer dans chacun de ces appartements. La violence de certains foyers est dure et douloureuse, j’ai eu le cœur noué et les larmes aux yeux.

Je regrette cependant les deux dernières parties, qui m’ont semblé plutôt en décalage avec les descriptions des premiers chapitres. Je pense surtout que cela tient du résumé trompeur : dans le but de mettre en valeur certaines tensions dans l’immeuble, l’éditeur a choisi de mettre en avant des éléments qui n’apparaissent qu’aux trois quarts du roman, ce qui est assez décevant. J’ai senti qu’il avait fallu trouver un fil conducteur, une intrigue dans tout cela, et un vendeur au porte à porte a fait l’affaire. Pour moi l’intérêt ne portait pas sur les éventuelles tensions entre les foyers. Il s’agissait avant tout de se glisser, telle une petite souris, à l’intérieur de chaque appartement.

Au final, une très bonne découverte pour moi, que je vous conseille vivement !

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