La drôle de vie de Zelda Zonk

La drôle de vie de Zelda Zonk, de Laurence Peyrin
La drôle de vie de Zelda Zonk, de Laurence Peyrin

La semaine dernière, j’ai donc lu La drôle de vie de Zelda Zonk, de Laurence Peyrin, des éditions Kero. Comme promis, voilà un petit article sur ce que j’en ai pensé.

Hanna et Jeff Reagan vivent une petite vie tranquille dans leur maison au fin fond de l’Irlande. Lui, américain et ancien journaliste, a abandonné les zones à risque et les reportages de guerre pour écrire des thrillers dans cette maison dont il ne sort presque jamais. Hanna, quant à elle, restaure des meubles dans son atelier. Chaque mardi, elle se rend à Cork, à quarante minutes de là, au magasin qu’elle tient avec une amie. Jeff et Hanna, dans l’attente d’un enfant qui ne vient pas, élèvent – par compensation ? – Patti, la fille de Gail, la sœur hôtesse de l’air et célibataire d’Hanna.

Cette routine agréable est brisée ce mardi-là. Trop de pluie, trop de trafic… Hanna se retrouve au milieu d’un carambolage qui fait des dizaines de victimes. La jeune femme survit, miraculeusement. A l’hôpital, elle fait la rencontre de Zelda Zonk, une vieille dame qui partage sa chambre et esquive toute question sur son passé. Que peut-elle pourtant avoir à cacher, à son âge ?

Mais Zelda Zonk est le nom qu’empruntait Marilyn Monroe quand elle voulait passer inaperçue. C’est absurde, Hanna le sait, mais les coïncidences s’accumulent. Zelda est-elle Marilyn ? Et si l’actrice a pu changer de vie, pourquoi Hanna ne le pourrait-elle pas ?

Une quête… ou une excuse ?

La quête de la véritable identité de Zelda fait un beau pitch et une belle 4e de couverture. Je me suis prise au jeu, curieuse de voir où me mènerait Laurence Peyrin.

Mais dès le début, les règles sont posées : l’héroïne, c’est Hanna, personnage que personnellement j’ai beaucoup aimé (malgré quelques passages où j’avais envie de lui dire de se remuer !). Hanna, qui se lance (à moitié certes) dans le premier mystère venu pour rompre la monotonie du quotidien. Ce n’est qu’une excuse – et ce n’est pas plus mal – qui met un peu de piment dans la relation qui se tisse entre les deux femmes.

On m’l’a fait pas à moi.

Zelda est un peu la mère qu’Hanna aurait aimé avoir, celle qui pose les questions qui nous remettent en question. Hanna est-elle heureuse de cette vie ? Le quotidien, les journées à deux dans leur maison de Dearbly-upon-Haven (c’est bien le nom du patelin), n’ont-ils pas peu à peu érodé la passion qu’avaient Jeff et Hanna ? La jeune femme a-t-elle transformé son mari en lui imposant ces sacrifices – quitter l’Amérique, le feu de l’action et ses rêves de Pulltizer pour s’installer dans ce lieu paumé ? Souhaite-t-elle changer de vie ? Avec le séduisant Michael, peut-être, le fils de Zelda qui ne laisse pas Hanna indifférente…

Toutes ces questions, qui poussent Hanna à réfléchir sur elle-même, sur son mariage, sur sa vie, forment un ensemble plutôt réussi et qui m’a plu. J’ai aimé ce roman, grâce à toutes ces remises en question qui viennent briser le quotidien d’Hanna. J’ai notamment trouvé très juste cette façon qu’a l’auteur de montrer qu’Hanna s’est peut-être trompé de vie (ou a subi la crise de trentaine, peut-être). Le résultat est drôle et plein de peps qui fait bondir partout et kiffer la vie.

C’est la crise, j’vous dis !

Et puis, j’avoue, j’ai particulièrement apprécié la romance qui se dessine peu à peu entre Michael et Hanna. Elle n’est pas surfaite, grossière à coup de sous-entendus obvious, mais elle glisse toute seule, remplit les pages par petites touches jusqu’à devenir une évidence, pour Hanna comme pour le lecteur. C’est le genre de romance, importante sans être omniprésente ou centrale, que je recherche souvent.

Allez, je vous file une citation dégoulinante pour la route :

— Pourquoi avec moi vous… vous n’êtes pas resté, ce matin-là.

Michael se mit à pianoter du bout des doigts sur la table, regardant ailleurs pour tenter de s’échapper. La discussion ne lui plaisait pas. […]

— Parce que je me suis dit que vous étiez peut-être la femme de ma vie. Celle pour qui je pourrais renoncer à tout. Et qui finirait par m’en vouloir d’y avoir renoncé.

En conclusion, beaucoup de positif pour moi. Ce n’est pas non plus le roman de l’année, parce que parfois j’ai quand même eu envie de taper Hanna quand elle se perd dans ses délires sans rien faire, mais ça se lit très bien, avec un chouette style comme je les aime. Et en bonus, Marsha, la femme avec qui Hanna tient sa boutique à Cork, est un personnage secondaire vraiment très bon, hilarant et vraiment sympa. J’ai donc passé un super moment !

Et vous, l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

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